Journal Jeanbrun #10 — Première AG de copropriété : votes, charges et le voisin du 3e
Marc ne peut pas venir à Lyon pour l'AG. Il donne pouvoir à l'agence. Budget voté : 3 200€/an. On distingue les charges récupérables et non récupérables. Et le voisin du 3e a une idée.
Mi-mars 2027. Marc rentre du bureau, pose son sac, et trouve dans sa boîte mail un email avec pour objet : "CONVOCATION — Assemblée Générale de Copropriété — Résidence Les Jardins de Gerland — 22 mars 2027".
Il l'ouvre. Huit pages. Ordre du jour, résolutions à voter, annexes financières, budget prévisionnel. Marc fait défiler. Les mots "charges communes générales", "fonds de travaux ALUR", "compte séquestre syndic" lui passent devant les yeux à toute vitesse.
"Sophie, on a notre première AG de copropriété."
Sophie lève la tête depuis le canapé où elle corrige des copies. "On est obligés d'y aller ?"
"En tant que propriétaires, on a le droit de voter. Mais pas l'obligation. Et de toute façon…"
Il regarde le calendrier. Le 22 mars, c'est un dimanche soir à 18h. À Lyon. Marc travaille le lundi matin à Paris, réunion de direction à 9h. Impossible d'y aller.
Donner pouvoir à l'agence
Le lendemain matin, Marc envoie un mail à sa chargée de gestion locative. "Bonjour, j'ai reçu la convocation pour l'AG du 22 mars. Je suis à Paris et ne peux pas me déplacer. Pouvez-vous me représenter ?"
La réponse arrive dans l'heure : "Bien sûr, c'est inclus dans notre contrat de gestion. Je vous envoie le formulaire de pouvoir à signer."
Le formulaire est simple : nom du mandant (Marc), nom du mandataire (l'agence), résidence concernée, date. Une case à cocher pour donner pouvoir général ou pour indiquer des instructions de vote spécifiques sur chaque résolution.
Marc prend le temps de lire l'ordre du jour en détail. Il y a cinq points principaux : approbation des comptes de l'exercice 2026 (le premier exercice depuis la livraison), vote du budget prévisionnel 2027, élection du conseil syndical, changement de syndic professionnel, et deux résolutions diverses (installation d'un local à vélos supplémentaire, règles d'usage de la terrasse commune).
Marc donne pouvoir général à l'agence — il n'a pas d'instruction particulière à donner, l'agence connaît les enjeux mieux que lui. Il signe électroniquement et renvoie le document.
Le compte-rendu du lendemain
Le 23 mars au matin, Marc trouve dans sa boîte un mail de l'agence avec en objet : "CR Assemblée Générale 22/03/2027 — Jardins de Gerland". Il l'ouvre dans le RER en allant au bureau.
L'AG s'est bien passée. Ambiance détendue pour une première réunion dans un immeuble neuf — les copropriétaires se découvrent, pas de conflits anciens, pas de tensions accumulées. Une trentaine de personnes présentes et représentées sur les 48 lots.
Points votés :
Les comptes 2026 ont été approuvés à l'unanimité — peu de choses à commenter pour un exercice de deux mois, essentiellement les charges de démarrage et les frais du syndic provisoire.
Le budget prévisionnel 2027 a été voté : 3 200€/an pour le lot de Marc (leur T2 au 2e étage). C'est la somme totale des charges de copropriété auxquelles ils contribueront sur l'année.
Marc note soigneusement la décomposition envoyée par l'agence dans le compte-rendu :
- Charges récupérables (eau froide parties communes, nettoyage et entretien des parties communes, gardiennage/interphone) : environ 1 800€/an, soit 150€/mois. Ces charges sont légalement refacturables au locataire — elles apparaîtront dans les charges annuelles réglées par le locataire (dans leur cas, le loyer est "charges comprises", donc le locataire paie un loyer global incluant une provision de 150€/mois pour ces charges).
- Charges non récupérables (assurance multirisque immeuble, honoraires du syndic de copropriété, frais administratifs, entretien des équipements techniques comme l'ascenseur et la chaudière collective) : environ 1 400€/an. Ces charges sont à la charge définitive du propriétaire. Elles ne peuvent pas être refacturées au locataire. En revanche, elles sont entièrement déductibles des revenus fonciers.
- Fonds de travaux ALUR : 5% du budget prévisionnel = 5% × 3 200€ = 160€/an. Ce fonds est obligatoire depuis la loi ALUR. Il constitue une réserve pour les travaux futurs. Point important : il n'est pas déductible fiscalement l'année du versement — il ne devient déductible que l'année où les travaux correspondants sont effectivement réalisés.
Le changement de syndic
Point important de l'ordre du jour : le syndic provisoire mis en place par le promoteur lors de la livraison (c'est la pratique standard — le promoteur désigne son propre syndic pour les premiers mois) a été remplacé par un syndic professionnel indépendant.
Le vote a été largement approuvé : 38 voix pour, 2 abstentions, 0 contre. Le nouveau syndic est un cabinet lyonnais indépendant, avec des honoraires annuels légèrement inférieurs au syndic provisoire.
Marc note le nom, l'adresse et le contact du nouveau syndic dans son dossier "Jardins de Gerland". C'est important : en cas de problème sur l'immeuble, il doit savoir qui appeler. L'agence de gestion reste son interlocuteur principal pour les questions locatives, mais le syndic gère les parties communes et les travaux sur l'immeuble.
Le voisin du 3e et les panneaux solaires
Le compte-rendu mentionne un moment de l'AG qui fait sourire Marc.
Un copropriétaire du 3e étage — présent en personne, apparemment très enthousiaste sur les questions énergétiques — a pris la parole pour proposer d'installer des panneaux photovoltaïques en toiture. Il avait un devis sous la main : 48 000€ pour équiper l'ensemble de la toiture, avec une projection de retour sur investissement en 11 ans.
La résolution a été mise au vote. Elle a été rejetée à 31 voix contre, 5 pour, 2 abstentions.
Les raisons du rejet, mentionnées dans le CR : l'immeuble a moins de 6 mois d'existence, le fonds de travaux ne dispose pas encore de réserves suffisantes, et les copropriétaires nouvellement propriétaires n'ont pas souhaité engager une dépense importante si rapidement.
Marc lit ça et note mentalement : "Bonne idée pour dans 5-10 ans. L'immeuble est déjà RE2020 — bien isolé, faible consommation. Avec des panneaux solaires en plus, le DPE passerait probablement d'un A à un A+. Ce serait un argument de valorisation à la revente et ça renforcerait l'attractivité locative."
Il en parle à Sophie le soir. "Tu savais qu'on peut voter en copropriété pour installer des panneaux solaires ?"
Sophie : "Vraiment ? Et tout le monde doit payer ?"
"Les coûts sont répartis au prorata des tantièmes. Ce serait peut-être 3 000-4 000€ pour notre lot. Mais d'ici 5 ans, oui, ça méritera d'être re-proposé. Surtout si les règles DPE continuent d'évoluer."
La vie de copropriétaire à distance
Ce que Marc retient de cette première expérience d'AG, c't la simplicité de la gestion à distance quand on a une bonne agence. Déléguer son pouvoir, recevoir un compte-rendu clair le lendemain, intégrer les nouvelles charges dans son tableur — ça ne lui a pris que 45 minutes au total.
Mais il réalise aussi l'importance de rester informé, même à distance. La copropriété est un organisme vivant. Les décisions prises en AG ont des conséquences directes sur son budget (le budget prévisionnel voté), sur sa fiscalité (les charges déductibles), et sur la valeur de son bien à long terme (les travaux d'amélioration).
Un propriétaire qui ignore tout de sa copropriété prend des risques réels. Un syndicat de copropriétaires mal géré, des charges qui explosent, des travaux différés sur les parties communes — ce sont des facteurs qui dégradent la valeur d'un bien et compliquent la location.
À l'inverse, une copropriété bien gérée (syndic réactif, budget sain, fonds de travaux correctement alimenté) est un actif qui se valorise. Marc va participer — même à distance — à toutes les AG futures.
Ce qu'on a appris
En tant qu'investisseur à distance, donner pouvoir à l'agence pour l'AG est la solution évidente. C'est souvent inclus dans le contrat de gestion. Une procuration simple, et votre bien est représenté même si vous êtes à 500 km.
Distinguer impérativement les charges récupérables et les charges non récupérables. Les premières (eau, entretien parties communes) sont refacturées au locataire. Les secondes (assurance immeuble, syndic) restent à votre charge mais sont déductibles de vos revenus fonciers. Bien les identifier dans le décompte du syndic.
Le fonds de travaux ALUR : charge réelle, déductibilité différée. Vous le payez chaque année, mais vous ne pouvez le déduire que l'année où les travaux correspondants sont effectivement réalisés. À noter dans vos projections de long terme.
Un immeuble neuf = pas de travaux lourds les premières années. C'est un avantage souvent négligé. Dans une copropriété ancienne, les travaux de ravalement, de toiture ou de chaufferie peuvent se monter à plusieurs milliers d'euros par lot et par an. Dans le neuf, les garanties couvrent les 10 premières années pour le gros œuvre.
Participer à la vie de la copropriété, même à distance, c'est protéger son patrimoine. Les décisions de l'AG ont un impact direct sur votre bien : budget, travaux, valorisation. Un propriétaire absent et désintéressé subit les décisions des autres.
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Marc classe le compte-rendu de l'AG dans son dossier "Jardins de Gerland — Documents copropriété 2027". À côté du PV de livraison, de l'acte notarié, du bail et des avis d'imposition. L'arborescence de son dossier d'investisseur se construit.
Prochain épisode : mai 2027. Marc ouvre impots.gouv.fr et découvre le formulaire 2044. Six pages, une sueur froide, et 3 141€ d'économie d'impôt. On décortique chaque case.
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Tout sur la gestion de copropriété, la liste des charges déductibles des revenus fonciers, comment fonctionne la gestion locative Jeanbrun et ce que change le DPE RE2020 sur la valorisation de votre bien.
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