Le PTZ 2027 est l'un des volets les plus commentés du projet de loi de finances pour 2027, déposé à l'Assemblée nationale le 1er octobre 2026. Le gouvernement s'est engagé à prolonger le prêt à taux zéro au-delà de sa date d'extinction actuelle (fin 2027), à créer un nouveau « PTZ parentalité » pour les ménages qui attendent un enfant ou élèvent un enfant de moins de trois ans, et à supprimer le plafond annuel de dépenses qui encadre le dispositif depuis 2016.
Attention toutefois : à la date de rédaction de cet article, il s'agit d'un projet. Le texte est en cours d'examen en première lecture à l'Assemblée nationale, des amendements ont déjà modifié certains paramètres en commission, et rien ne sera définitif avant l'adoption de la loi de finances et la publication des textes d'application. Certaines informations qui circulent, notamment sur la date de prolongation (2028 ou 2030) et sur les montants, ne figurent pas, ou pas encore, dans le texte du gouvernement.
Dans ce guide, nous faisons la part entre ce qui est acquis et ce qui reste en discussion. Vous trouverez les conditions actuelles du PTZ 2026 (zones, plafonds de revenus, quotités), le détail des mesures envisagées pour 2027, le calendrier probable, un exemple chiffré complet, et une explication claire de la raison pour laquelle le PTZ ne peut pas financer un investissement locatif, ainsi que la manière d'articuler un achat de résidence principale avec un projet Jeanbrun.
- Le PTZ actuel finance la résidence principale des primo-accédants pour les offres de prêt émises jusqu'au 31 décembre 2027 ; il est ouvert au neuf dans toute la France depuis le 1er avril 2025, et à l'ancien avec travaux en zones B2 et C.
- Le PLF 2027 (article 7) crée un PTZ « parentalité » ouvert aux ménages déjà propriétaires qui attendent un enfant ou ont un enfant de moins de 3 ans, une seule fois par bénéficiaire.
- Le gouvernement a promis une prolongation au-delà de 2027 ; l'échéance de 2030 est évoquée et défendue par amendements, mais n'est pas encore actée.
- Le plafond annuel de 2,1 milliards d'euros de crédit d'impôt accordé aux banques serait supprimé.
- Le PTZ est réservé à la résidence principale : il ne finance jamais un investissement locatif, mais il ne vous empêche pas de lancer ensuite un projet Jeanbrun.
Qu'est-ce que le PTZ et à quoi sert-il ?
Un prêt sans intérêts pour devenir propriétaire de sa résidence principale
Le prêt à taux zéro (PTZ) est un prêt aidé par l'État, accordé sous conditions de ressources, qui permet de financer une partie de l'achat de sa résidence principale sans payer d'intérêts ni de frais de dossier. Ce sont les banques qui le distribuent ; en contrepartie, l'État leur accorde un crédit d'impôt qui compense les intérêts non perçus. Le PTZ ne peut pas financer seul une acquisition : il doit obligatoirement être complété par au moins un autre prêt (prêt immobilier classique, prêt d'accession sociale, prêt conventionné, prêt épargne logement).
Un dispositif devenu central pour les primo-accédants
Le PTZ a pris une importance croissante depuis son élargissement de 2025. Selon les chiffres cités dans l'exposé des motifs du PLF 2027 et repris par la presse spécialisée, le nombre de PTZ émis est passé de 44 466 en 2024 à près de 73 000 en 2025. Le gouvernement évoque environ 70 000 ménages aidés chaque année. Dans un marché où les taux de crédit sont remontés à 3,32 % en moyenne en août 2026 selon la Banque de France, une fraction du financement à 0 % pèse lourd dans le coût total d'un projet.
Quelles sont les conditions du PTZ en 2026 ?
Avant de parler de 2027, il faut connaître les règles en vigueur, qui resteront applicables jusqu'à l'adoption de la loi de finances et, pour l'essentiel, au-delà.
Le neuf est ouvert partout depuis le 1er avril 2025
Pour les offres de prêt émises depuis le 1er avril 2025, le PTZ finance l'achat d'un logement neuf dans toutes les zones, qu'il s'agisse d'un appartement en immeuble collectif ou d'une maison individuelle. Auparavant, le neuf était limité aux appartements situés en zones tendues (A bis, A et B1). La différence entre collectif et individuel se fait désormais sur la quotité, c'est-à-dire la part du coût de l'opération que le PTZ peut financer.
L'ancien uniquement en zones B2 et C, avec travaux
Dans l'ancien, le PTZ est réservé aux communes classées en zone B2 ou C (vérifiez le classement de votre commune sur notre carte des zones). Le logement doit faire l'objet de travaux représentant au moins 25 % du coût total de l'opération, achevés dans les trois ans suivant l'offre, et atteindre au minimum la classe D du DPE après travaux (ou une consommation inférieure à 331 kWh/m²/an si le DPE est antérieur au 30 juin 2021). Depuis le 21 mars 2025, le PTZ ancien est cumulable avec les aides de l'Anah. Le PTZ finance aussi, sous conditions, l'achat d'un logement social par son occupant ou la transformation d'un local en logement.
La condition de primo-accession
Le PTZ est réservé aux personnes qui n'ont pas été propriétaires de leur résidence principale au cours des deux années précédant l'offre de prêt. Des exceptions existent : titulaires d'une carte d'invalidité ou bénéficiaires de l'AAH ou de l'AEEH, victimes d'une catastrophe ayant rendu leur logement inhabitable, ou personnes ne détenant que l'usufruit ou la nue-propriété de leur logement. Point important pour nos lecteurs : être propriétaire d'un logement locatif ne fait pas perdre la qualité de primo-accédant, puisque seule la propriété de la résidence principale est prise en compte.
Les plafonds de revenus
Le revenu retenu est le plus élevé entre le revenu fiscal de référence de l'année N-2 de l'ensemble des occupants et le coût total de l'opération divisé par 9. Il doit rester sous les plafonds suivants.
| Personnes dans le foyer | Zone A bis / A | Zone B1 | Zone B2 | Zone C |
|---|---|---|---|---|
| 1 | 49 000 € | 34 500 € | 31 500 € | 28 500 € |
| 2 | 73 500 € | 51 750 € | 47 250 € | 42 750 € |
| 3 | 88 200 € | 62 100 € | 56 700 € | 51 300 € |
| 4 | 102 900 € | 72 450 € | 66 150 € | 59 850 € |
| 5 | 117 600 € | 82 800 € | 75 600 € | 68 400 € |
| 6 | 132 300 € | 93 150 € | 85 050 € | 76 950 € |
| 7 | 147 000 € | 103 500 € | 94 500 € | 85 500 € |
| 8 et plus | 161 700 € | 113 850 € | 103 950 € | 94 050 € |
Tranches de revenus et quotités
Le revenu retenu est ensuite divisé par un coefficient familial (1 pour une personne, 1,5 pour deux, 1,8 pour trois, 2,1 pour quatre, 2,4 pour cinq et plus). Le résultat détermine votre tranche, qui fixe la quotité financée par le PTZ.
| Tranche | Zone A bis / A | Zone B1 | Zone B2 | Zone C | Quotité neuf collectif et ancien | Quotité neuf individuel |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 1 | jusqu'à 25 000 € | jusqu'à 21 500 € | jusqu'à 18 000 € | jusqu'à 15 000 € | 50 % | 30 % |
| 2 | 25 001 à 31 000 € | 21 501 à 26 000 € | 18 001 à 22 500 € | 15 001 à 19 500 € | 40 % | 20 % |
| 3 | 31 001 à 37 000 € | 26 001 à 30 000 € | 22 501 à 27 000 € | 19 501 à 24 000 € | 40 % | 20 % |
| 4 | 37 001 à 49 000 € | 30 001 à 34 500 € | 27 001 à 31 500 € | 24 001 à 28 500 € | 20 % | 10 % |
Le plafond du coût de l'opération
La quotité ne s'applique pas au prix réel, mais au coût de l'opération retenu dans la limite d'un plafond qui dépend de la zone et de la taille du foyer.
| Personnes dans le foyer | Zone A bis / A | Zone B1 | Zone B2 | Zone C |
|---|---|---|---|---|
| 1 | 150 000 € | 135 000 € | 110 000 € | 100 000 € |
| 2 | 225 000 € | 202 500 € | 165 000 € | 150 000 € |
| 3 | 270 000 € | 243 000 € | 198 000 € | 180 000 € |
| 4 | 315 000 € | 283 500 € | 231 000 € | 210 000 € |
| 5 et plus | 360 000 € | 324 000 € | 264 000 € | 240 000 € |
Que prévoit le PLF 2027 pour le PTZ ?
Le projet de loi de finances pour 2027 contient trois évolutions principales pour le PTZ. Elles n'ont pas toutes le même degré de certitude.
Une prolongation promise au-delà de 2027, une échéance encore floue
Dans le droit actuel, issu de la loi de finances pour 2024, le PTZ s'applique aux offres de prêt émises jusqu'au 31 décembre 2027. Le 23 septembre 2026, dans une lettre adressée aux acteurs du logement lors du congrès HLM de Bordeaux, le Premier ministre Sébastien Lecornu s'est engagé à prolonger le prêt à taux zéro « au-delà de 2027 ».
Sur la date exacte, les sources divergent. Plusieurs médias et cabinets évoquent une prolongation jusqu'en 2030, d'autres « au moins » jusqu'en 2028, et certains relèvent que la lettre ne fixe aucune nouvelle échéance. Le texte déposé le 1er octobre, tel que décrit par les analyses que nous avons consultées, ne contient pas explicitement cette prorogation. En commission des finances, au moins deux amendements visaient à remplacer « 2027 » par « 2030 » afin d'aligner le PTZ sur l'échéance d'autres dispositifs du logement ; l'un d'eux, le I-CF914, est indiqué comme « tombé ». À ce stade, la prolongation est donc un engagement politique dont la date reste à inscrire dans la loi, que ce soit par amendement en séance ou lors de la navette avec le Sénat.
La création d'un PTZ « parentalité »
C'est la vraie nouveauté. L'article 7 du PLF 2027 prévoit d'ouvrir le PTZ, dans un cas précis, à des ménages qui ne sont pas primo-accédants. L'emprunteur devra justifier, au moment de l'émission de l'offre de prêt, soit d'un enfant à naître, soit de la charge effective d'au moins un enfant âgé de moins de trois ans. Le dispositif serait accessible même aux ménages ayant déjà bénéficié d'un PTZ, sous conditions de ressources, et une seule fois par bénéficiaire. Les modalités de preuve de la naissance ou de la grossesse seraient fixées par arrêté.
Le gouvernement justifie la mesure par une étude de l'Insee selon laquelle l'arrivée d'un enfant double la probabilité de déménager dans les quatre années suivantes. Le seuil de trois ans doit laisser aux familles le temps de concrétiser leur projet. Le coût de la mesure est estimé à 466 millions d'euros par an.
La suppression du plafond annuel de dépenses
Le PTZ coûte à l'État sous forme de crédit d'impôt versé aux banques (article 244 quater V du code général des impôts). Ce crédit d'impôt est plafonné à 2,1 milliards d'euros par an depuis 2016. Avec la forte hausse des émissions en 2025 et l'augmentation de 25 % du coût de la construction depuis la fixation de ce plafond, celui-ci devenait contraignant. Le PLF 2027 propose de le supprimer, ce qui sécuriserait la distribution du PTZ en fin d'année, période où les banques pouvaient craindre d'atteindre les quotas.
Le PTZ parentalité : pour qui, pour quel logement et pour combien ?
Les ménages concernés
Dans sa version gouvernementale, le PTZ parentalité s'adresse aux ménages qui attendent un enfant ou qui ont la charge d'un enfant de moins de trois ans. Concrètement, il vise surtout des familles déjà propriétaires d'un logement devenu trop petit, par exemple un couple propriétaire d'un studio ou d'un T2 qui souhaite acheter un T3 ou une maison à l'arrivée d'un enfant. Aujourd'hui, ces ménages sont exclus du PTZ parce qu'ils ont été propriétaires de leur résidence principale au cours des deux dernières années.
Neuf ou ancien : une question encore ouverte
Le texte gouvernemental ne précise pas, selon les analyses publiées, de règles spécifiques au PTZ parentalité en matière de type de logement. Selon des paramètres publiés par la presse en septembre, le PTZ parentalité serait ouvert au neuf comme à l'ancien, mais cette information n'est pas confirmée par le texte. L'hypothèse la plus probable est que le PTZ parentalité reprenne le cadre général du PTZ : neuf dans toutes les zones, ancien avec travaux en zones B2 et C. Il faudra attendre la version définitive et les textes d'application pour en être sûr.
Montants et plafonds : ce que dit le gouvernement, ce qu'a voté la commission
Le montant de « jusqu'à 180 000 € » qui a circulé correspond simplement au maximum théorique du PTZ actuel (50 % de 360 000 € en zone A pour cinq personnes et plus). Il ne s'agit pas d'un montant spécifique au PTZ parentalité. Selon les informations publiées, les plafonds de ressources seraient ceux du PTZ classique.
En commission des finances, le 8 octobre 2026, un amendement du groupe MoDem a été adopté. Selon Batiweb, il étend la mesure aux familles ayant un enfant de moins de cinq ans, supprime les conditions de ressources et plafonne le prêt à 100 000 €. Ce vote est purement indicatif : en première lecture, les députés examinent en séance le texte du gouvernement, et non celui de la commission, et la partie « recettes » du PLF a d'ailleurs été rejetée en commission. Il faudra donc vérifier si cet amendement est redéposé et adopté en séance.
| Paramètre | Texte du gouvernement (PLF 2027, art. 7) | Amendement adopté en commission (8 oct. 2026) |
|---|---|---|
| Âge de l'enfant | À naître ou moins de 3 ans | À naître ou moins de 5 ans |
| Conditions de ressources | Oui (a priori celles du PTZ actuel) | Supprimées |
| Montant maximal | Règles du PTZ (jusqu'à 180 000 € théoriques) | 100 000 € |
| Déjà propriétaire / déjà bénéficiaire d'un PTZ | Autorisé, une seule fois | Autorisé, une seule fois |
| Statut | Projet en discussion | Vote indicatif, non repris à ce stade |
Les sanctions en cas de non-respect
Comme pour le PTZ classique, le logement doit devenir la résidence principale de l'emprunteur. En cas de non-respect des conditions, le texte prévoit le remboursement de l'avantage perçu, majoré de 25 %.
Quand le PTZ 2027 entrera-t-il en vigueur ?
Le calendrier parlementaire
Le PLF 2027 a été présenté en Conseil des ministres puis déposé à l'Assemblée nationale le 1er octobre 2026. Il a été examiné en commission des finances début octobre, puis en séance publique à partir du 13 octobre. Compte tenu du très grand nombre d'amendements, le vote solennel sur la première partie (recettes), initialement prévu le 20 octobre, a été repoussé au 27 octobre. Le délai constitutionnel laissé aux députés pour se prononcer en première lecture court jusqu'au 17 novembre ; au-delà, le gouvernement peut transmettre le texte au Sénat. Le Premier ministre n'a pas exclu de recourir à l'article 49.3.
Le Sénat examinera ensuite le texte, avant une commission mixte paritaire et une lecture définitive, normalement en décembre. La loi de finances doit être promulguée avant le 31 décembre 2026 pour s'appliquer au 1er janvier 2027. En cas de blocage, comme l'hiver 2024-2025 l'a montré, une loi spéciale peut être adoptée, ce qui retarderait l'application de mesures nouvelles comme le PTZ parentalité.
Les textes d'application
Même après l'adoption de la loi, le PTZ parentalité ne sera pas immédiatement distribuable. Un décret devra adapter le code de la construction et de l'habitation, et un arrêté devra fixer les justificatifs de l'enfant à naître ou à charge. Les banques devront ensuite mettre à jour leurs conventions et leurs outils. Le gouvernement vise une entrée en vigueur en 2027, mais une mise en œuvre effective au premier trimestre, voire au deuxième, est l'hypothèse la plus réaliste.
| Étape | Date | Statut |
|---|---|---|
| Lettre du Premier ministre (prolongation, PTZ parentalité) | 23 septembre 2026 | Fait |
| Dépôt du PLF 2027 à l'Assemblée | 1er octobre 2026 | Fait |
| Vote indicatif en commission (amendement MoDem) | 8 octobre 2026 | Fait |
| Examen en séance à l'Assemblée | depuis le 13 octobre 2026 | En cours |
| Vote solennel sur la première partie | prévu le 27 octobre 2026 | À confirmer |
| Sénat, CMP, adoption définitive | novembre-décembre 2026 | À venir |
| Décret et arrêté d'application | 2027 | À venir |
En attendant : les règles actuelles s'appliquent
Tant que la loi n'est pas adoptée, ce sont les règles du PTZ 2026 qui s'appliquent, appréciées à la date d'émission de l'offre de prêt. Un primo-accédant éligible aujourd'hui n'a aucune raison d'attendre : le PTZ classique reste disponible au moins jusqu'au 31 décembre 2027.
Combien pouvez-vous emprunter avec le PTZ ? Exemple chiffré
Le cas de Sarah et Julien, primo-accédants en zone B1
Sarah et Julien sont locataires dans une métropole classée en zone B1. Ils ont un enfant et leur revenu fiscal de référence 2024 (année N-2 pour une offre émise en 2026) s'élève à 50 000 €. Ils souhaitent acheter un T3 neuf dans un immeuble collectif, au prix de 260 000 €.
- Revenu retenu : le plus élevé entre 50 000 € (RFR) et 260 000 / 9 = 28 889 €, soit 50 000 €. C'est sous le plafond de 62 100 € pour trois personnes en zone B1 : ils sont éligibles.
- Tranche : 50 000 / 1,8 = 27 778 €, ce qui les place en tranche 3 en zone B1 (26 001 à 30 000 €).
- Quotité : 40 % pour un logement neuf collectif.
- Coût retenu : le prix de 260 000 € est plafonné à 243 000 € pour trois personnes en zone B1.
- Montant du PTZ : 40 % de 243 000 € = 97 200 €.
Le même couple trois ans plus tard, avec le PTZ parentalité
Imaginons que Sarah et Julien achètent ce T3 avec un PTZ fin 2026, puis attendent un deuxième enfant en 2029 et souhaitent acheter une maison plus grande. Aujourd'hui, ils seraient exclus du PTZ : ils sont propriétaires de leur résidence principale et ont déjà bénéficié d'un PTZ. Si le PTZ parentalité est adopté dans la version du gouvernement et prolongé jusqu'à cette date, ils pourraient y prétendre, sous réserve de respecter les plafonds de ressources, une seule fois. Les règles actuelles permettent déjà, sous conditions, de transférer le capital restant dû d'un PTZ sur une nouvelle acquisition, mais sans recalcul en fonction de la nouvelle composition familiale.
Cet exemple montre aussi l'importance de la date de fin du dispositif : sans prolongation au-delà de 2027 inscrite dans la loi, un PTZ parentalité créé en 2027 n'aurait qu'une durée de vie très courte. C'est pourquoi la question de l'échéance (2028, 2030 ou autre) est loin d'être anecdotique.
Peut-on utiliser le PTZ pour un investissement locatif ?
Non : le PTZ finance exclusivement une résidence principale
La réponse est claire : le PTZ ne peut pas financer un investissement locatif. Le logement acheté doit devenir la résidence principale de l'emprunteur dans un délai d'un an après l'achat ou l'achèvement des travaux (ou au moment du départ à la retraite, au plus tard six ans après), et être occupé au moins huit mois par an. Le PTZ parentalité, tel qu'il est envisagé, obéit à la même logique : il vise à loger une famille qui s'agrandit, pas à constituer un patrimoine locatif.
Les rares cas où la location est tolérée
La réglementation prévoit quelques situations dans lesquelles l'emprunteur peut mettre en location le logement financé par un PTZ sans devoir le rembourser : mobilité professionnelle imposant un déménagement lointain, décès, divorce ou dissolution de PACS, invalidité, chômage de longue durée. Ces exceptions sont encadrées (conditions de loyer et de ressources du locataire notamment) et ne transforment pas le PTZ en outil d'investissement. Si vous louez votre logement en dehors de ces cas, le capital restant dû devient exigible et des pénalités peuvent s'appliquer.
Et pour le dispositif Jeanbrun ? Comment articuler PTZ et investissement locatif
Deux dispositifs complémentaires, pas concurrents
Le PTZ et le dispositif Jeanbrun répondent à deux besoins différents. Le PTZ aide à acheter sa résidence principale. Le dispositif Jeanbrun (statut du bailleur privé, article 47 de la loi de finances pour 2026) encourage l'investissement locatif : pour les acquisitions réalisées entre le 21 février 2026 et le 31 décembre 2028, il permet d'amortir chaque année 80 % du prix d'un logement neuf à 3,5 %, 4,5 % ou 5,5 % selon le niveau de loyer (intermédiaire, social ou très social), dans la limite de 8 000 à 12 000 € par an, en contrepartie d'un engagement de location nue de 9 ans. Dans l'ancien, des travaux d'au moins 30 % du prix sont exigés. Pour connaître toutes les règles, consultez nos conditions du dispositif Jeanbrun.
Un même ménage peut donc parfaitement utiliser les deux, à condition de les mener dans le bon ordre et de soigner son financement.
Scénario 1 : la résidence principale d'abord, le Jeanbrun ensuite
C'est le scénario le plus fréquent pour un jeune ménage. Vous achetez votre résidence principale avec un PTZ, puis, quelques années plus tard, vous investissez dans un logement Jeanbrun. Le principal enjeu est bancaire : les mensualités de votre crédit de résidence principale, y compris celles du PTZ une fois le différé terminé, entrent dans le calcul de votre taux d'endettement, plafonné à 35 % (assurance comprise) par les recommandations du Haut Conseil de stabilité financière. Les banques retiennent en général 70 % du loyer attendu du logement locatif. Pensez aussi à la date butoir : un projet Jeanbrun doit être acquis avant le 31 décembre 2028.
Scénario 2 : l'investissement locatif d'abord, la résidence principale ensuite
Certains ménages, notamment ceux qui vivent dans une grande ville très chère, préfèrent investir d'abord dans une ville plus abordable tout en restant locataires. Bonne nouvelle : être propriétaire d'un logement mis en location ne fait pas perdre la qualité de primo-accédant pour le PTZ, qui ne regarde que la propriété de la résidence principale sur les deux dernières années. Vous pourrez donc, plus tard, acheter votre résidence principale avec un PTZ si vos revenus restent sous les plafonds. Attention en revanche : le revenu fiscal de référence intègre les revenus fonciers nets, même si un déficit foncier lié au Jeanbrun réduit généralement ce revenu les premières années.
Scénario 3 : un ménage qui s'agrandit et garde son ancien logement
C'est là que le PTZ parentalité pourrait changer la donne. Un couple propriétaire d'un T2 qui attend un enfant pourrait, si la mesure est adoptée, acheter un logement plus grand avec un PTZ parentalité, puis conserver son T2 pour le louer. Attention : le T2 déjà détenu ne pourra pas bénéficier du dispositif Jeanbrun, qui suppose une acquisition réalisée pendant la période d'application, et, s'il avait été financé par un PTZ encore en cours, sa mise en location devra respecter les règles du PTZ. Les deux opérations doivent être étudiées ensemble avec votre banque.
Pour visualiser l'impact d'un investissement locatif sur votre fiscalité et votre effort d'épargne, utilisez notre simulateur Jeanbrun. Pour structurer votre plan de financement, notre guide financer un investissement immobilier détaille le rôle de l'apport, de la durée et du taux, et notre article investir en Jeanbrun sans apport répond aux questions des jeunes actifs.
Faut-il attendre 2027 pour acheter avec un PTZ ?
Si vous êtes primo-accédant : non
Le PTZ classique est disponible aujourd'hui, avec des règles connues, et il le restera au moins jusqu'au 31 décembre 2027. Attendre la loi de finances n'apporte rien à un primo-accédant, sauf si le texte définitif venait à relever les plafonds d'opération, ce qui a été proposé par amendement mais n'est pas acquis. Dans un marché où les prix de l'ancien reculent légèrement et où les promoteurs ont des stocks importants, le contexte est plutôt favorable à la négociation, comme nous l'expliquons dans notre article sur le marché immobilier fin 2026.
Si vous êtes déjà propriétaire et attendez un enfant : peut-être
Si vous êtes déjà propriétaire de votre résidence principale, vous n'avez aujourd'hui pas droit au PTZ. Le PTZ parentalité pourrait vous l'ouvrir en 2027. Si votre projet n'est pas urgent, il peut être judicieux de suivre l'adoption définitive du budget et la publication du décret avant de signer une offre de prêt, puisque l'éligibilité s'apprécie à la date d'émission de l'offre. Faites-vous accompagner par votre banque ou un courtier pour simuler les deux options.
Ne pas oublier le coût du temps
Attendre a un coût : si les taux continuent de remonter, quelques mois de décalage peuvent annuler une partie de l'avantage espéré. Sur un prêt complémentaire de 200 000 € sur 25 ans, une hausse de 0,2 point du taux représente environ 20 € de plus par mois, soit environ 6 500 € sur la durée totale. C'est à mettre en balance avec le gain potentiel d'un PTZ parentalité, qui peut atteindre plusieurs dizaines de milliers d'euros d'intérêts économisés si vous y êtes éligible.
Les informations de cet article sont fournies à titre indicatif, à partir des textes et des sources publiques disponibles au 25 octobre 2026. Le PLF 2027 étant en cours d'examen, les mesures décrites peuvent être modifiées ou supprimées. Elles ne constituent pas un conseil fiscal ou financier personnalisé.
Questions fréquentes
Le PTZ est-il prolongé en 2027 ?
Le PTZ existe déjà en 2027 : il s'applique aux offres de prêt émises jusqu'au 31 décembre 2027. Le gouvernement s'est engagé, en septembre 2026, à le prolonger au-delà de cette date. L'échéance de 2030 est évoquée et a fait l'objet d'amendements, mais elle n'est pas encore inscrite dans la loi. Il faudra attendre l'adoption définitive de la loi de finances pour 2027, prévue en décembre 2026.
Qu'est-ce que le PTZ parentalité ?
Le PTZ parentalité est un nouveau prêt à taux zéro prévu par l'article 7 du projet de loi de finances pour 2027. Il serait ouvert aux ménages qui attendent un enfant ou ont la charge d'un enfant de moins de trois ans, même s'ils sont déjà propriétaires ou ont déjà bénéficié d'un PTZ, sous conditions de ressources et une seule fois. Il n'existe pas encore juridiquement.
Peut-on avoir un PTZ si on est déjà propriétaire ?
Aujourd'hui, non, sauf exceptions (invalidité, catastrophe naturelle, usufruit ou nue-propriété) : il ne faut pas avoir été propriétaire de sa résidence principale dans les deux ans précédant l'offre. Être propriétaire d'un logement locatif ne fait en revanche pas perdre ce droit. Si le PTZ parentalité est adopté, les propriétaires qui attendent un enfant ou ont un enfant de moins de trois ans pourraient y accéder.
Le PTZ est-il possible dans l'ancien en 2027 ?
Oui, mais uniquement dans les communes classées en zone B2 ou C et à condition de réaliser des travaux représentant au moins 25 % du coût total de l'opération, avec un logement classé au minimum D après travaux. Le PLF 2027 ne prévoit pas, à ce stade, d'élargir le PTZ ancien aux zones tendues. Les règles exactes du PTZ parentalité dans l'ancien restent à confirmer.
Quel est le montant maximum du PTZ ?
Le montant maximal théorique est de 180 000 €, soit 50 % d'un coût d'opération plafonné à 360 000 €, pour un foyer de cinq personnes ou plus en zone A ou A bis, en tranche de revenus 1, pour un logement neuf collectif ou un logement ancien éligible. En pratique, la plupart des PTZ sont nettement inférieurs, car le montant dépend de la zone, des revenus et de la taille du foyer.
Peut-on utiliser un PTZ pour acheter un logement à louer ?
Non. Le PTZ finance exclusivement la résidence principale de l'emprunteur, occupée au moins huit mois par an. La location n'est tolérée que dans des cas limités (mutation professionnelle, divorce, invalidité, chômage de longue durée). Pour un investissement locatif, il faut se tourner vers d'autres outils, comme le dispositif Jeanbrun, accessible pour les acquisitions réalisées jusqu'au 31 décembre 2028.
Quand le PTZ parentalité sera-t-il disponible ?
Au plus tôt après l'adoption définitive de la loi de finances pour 2027, attendue fin décembre 2026, puis la publication d'un décret et d'un arrêté fixant les justificatifs. Une distribution effective par les banques au cours du premier semestre 2027 est l'hypothèse la plus réaliste, sous réserve que la mesure soit maintenue dans le texte final.
Sources
- Service-public.gouv.fr – Prêt à taux zéro (PTZ) : conditions, plafonds et montants
- Assemblée nationale – Projet de loi de finances pour 2027, amendement I-CF914
- Assemblée nationale – Projet de loi de finances pour 2027, amendement I-CF297
- Moneyvox – Crédit immobilier : ce nouveau PTZ parentalité prévu pour les jeunes parents en 2027
- Toutsurmesfinances – PTZ 2027 : les parents déjà propriétaires pourraient y avoir droit
- Batiweb – PLF 2027 : le PTZ parentalité élargi en commission (8 octobre 2026)
- Empruntis – Logement : ce que prévoit le PLF 2027
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