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Marché immobilier fin 2026 : prix, transactions et faut-il acheter ?

Marché immobilier fin 2026 : prix de l'ancien en léger recul, ventes vers 900 000-920 000, neuf en crise, loyers en hausse. Faut-il acheter pour investir ?

JBPar Équipe Guide Jeanbrun26 octobre 2026

Le marché immobilier fin 2026 ne ressemble plus du tout à celui que les professionnels annonçaient en janvier. Après une année 2025 de reprise nette, les notaires constatent que les prix des logements anciens sont repartis à la baisse au deuxième trimestre 2026, que le rythme des ventes s'essouffle et que les taux de crédit remontent doucement. Le neuf, lui, traverse ce que la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI) qualifie de « pire trimestre jamais enregistré ».

Pour un investisseur, cette conjoncture n'est pas forcément une mauvaise nouvelle. Un marché qui hésite est un marché où l'acheteur reprend la main : délais de vente plus longs, vendeurs plus ouverts à la discussion, promoteurs prêts à faire des gestes commerciaux pour écouler leurs stocks. Encore faut-il lire correctement les chiffres, qui ne disent pas tous la même chose selon la source et la période observée.

Dans ce dossier, nous faisons le point, source par source, sur les prix de l'ancien, le volume de transactions, l'écart entre Paris et les régions, le marché du neuf, les taux de crédit et les loyers. Puis nous répondons à la question que se posent beaucoup de nos lecteurs : faut-il acheter maintenant pour investir, notamment avec le dispositif Jeanbrun, ouvert jusqu'au 31 décembre 2028 ? Ce panorama reste volontairement national et conjoncturel ; une analyse détaillée région par région, fondée sur les données DVF, fera l'objet d'un article séparé.

L'essentiel en 30 secondes
  • Prix de l'ancien : -0,8 % sur un an au 2e trimestre 2026 en France métropolitaine (notaires-Insee), avec des maisons (-1,3 %) plus touchées que les appartements (-0,1 %).
  • Transactions : 951 000 ventes sur 12 mois à fin août 2026, mais une fin d'année attendue entre 900 000 (Fnaim, hypothèse basse) et 920 000 (notaires).
  • Taux de crédit : 3,32 % en moyenne en août 2026 (Banque de France), en hausse de 24 points de base depuis janvier.
  • Neuf : réservations en chute de 23,6 % sur un an au 2e trimestre selon la FPI, délais d'écoulement de plus de 21 mois, donc forte marge de négociation.
  • Pour un projet Jeanbrun, la fenêtre court jusqu'au 31/12/2028 : le contexte favorise la négociation plus que la précipitation.

Où en est le marché immobilier fin 2026 ?

Une reprise 2025 qui s'est arrêtée net au printemps

Pour comprendre la situation actuelle, il faut repartir du point bas de 2024. Fin 2024, le nombre de ventes de logements anciens était tombé à environ 845 000 sur douze mois, un niveau plus vu depuis une dizaine d'années. La détente des taux de crédit, entamée fin 2024, avait permis un rebond solide en 2025 : environ 952 000 transactions sur l'année, selon les chiffres repris par la Fnaim, soit une hausse proche de 13 % d'après les notaires.

En janvier 2026, la Fnaim tablait encore sur 960 000 à 980 000 ventes pour l'année et sur une hausse des prix de 1 à 2 %. Le cumul sur douze mois a d'ailleurs atteint un pic autour de 958 000 transactions fin février 2026. Puis la mécanique s'est grippée : dès mars-avril, la fédération relevait environ 17 000 ventes de moins que l'année précédente sur la même période.

Trois facteurs de ralentissement

Les professionnels avancent des explications convergentes. Le premier facteur est géopolitique : l'escalade des tensions au Moyen-Orient au printemps a fait remonter les prix de l'énergie et l'inflation. Loïc Cantin, président de la Fnaim, a résumé la situation en parlant d'un « coup brutal » porté à une reprise fragile, tout en précisant qu'il ne s'agissait pas, selon lui, d'une récession mais d'un recul momentané.

Le deuxième facteur est monétaire : la Banque centrale européenne a relevé ses taux directeurs de 0,25 point le 11 juin 2026, ce qui a accentué la remontée des taux de crédit immobilier déjà amorcée en début d'année. Le troisième est politique : après les élections municipales de mars 2026, l'approche de l'élection présidentielle de 2027 et les incertitudes autour du budget 2027 entretiennent un attentisme classique chez les ménages comme chez les investisseurs.

Les prix de l'immobilier baissent-ils vraiment fin 2026 ?

Ce que disent les notaires et l'Insee

La référence statistique reste l'indice notaires-Insee des prix des logements anciens. Selon la note de conjoncture immobilière n° 73 des Notaires de France publiée en octobre 2026, les prix ont été stables au premier trimestre, puis ont reculé de 1 % sur trois mois au deuxième trimestre. Sur un an, la baisse atteint 0,8 % en France métropolitaine. La Banque de France, dans son panorama des prêts à l'habitat, évoque de son côté un repli de 0,9 % sur un an : l'écart tient au périmètre retenu (métropole ou France hors Mayotte) et aux arrondis, pas à une divergence de fond.

Indicateur (2e trimestre 2026)Sur 3 moisSur 1 an
Logements anciens, France métropolitaine-1,0 %-0,8 %
Appartements anciensn.c.-0,1 %
Maisons anciennesn.c.-1,3 %
Île-de-France (tous logements)-0,6 %-0,3 %
Province (tous logements)-1,2 %-1,0 %
Appartements à Parisn.c.+0,6 %
Source : Notaires de France, note de conjoncture n° 73 (octobre 2026), indices notaires-Insee. n.c. : non communiqué dans les éléments publiés.

Maisons et appartements : deux marchés qui divergent

Le recul est nettement plus marqué sur les maisons que sur les appartements. Ce n'est pas une surprise : la maison est le bien typique des primo-accédants familiaux, les plus sensibles à la hausse des taux, et elle est souvent plus exposée aux contraintes énergétiques (chauffage, isolation, DPE). En Île-de-France, les maisons perdent 1,5 % sur un an tandis que les appartements progressent encore légèrement (+0,3 %).

Les autres baromètres confirment une quasi-stabilité

Les réseaux et portails, qui mesurent les prix à partir des avant-contrats ou des estimations, aboutissent au même diagnostic d'un marché à plat. La Fnaim, lors de son point de juin 2026, situait le prix moyen national de l'ancien à 2 994 €/m², en quasi-stabilité nominale (-0,1 %) mais en baisse d'environ 2,5 % en termes réels une fois l'inflation déduite. SeLoger-Meilleurs Agents affichait au 1er septembre 2026 une évolution nulle sur un an, aussi bien à Paris qu'en moyenne nationale.

Ces écarts de quelques dixièmes de point ne doivent pas être surinterprétés. Les indices notariaux reposent sur des actes signés, donc décalés de trois à quatre mois par rapport à la négociation, alors que les baromètres de portails captent plus tôt le sentiment du marché. Ce qui ressort de toutes les sources, c'est l'absence de krach : on parle d'un marché qui oscille autour de zéro, avec une légère pente descendante.

Les projections jusqu'à fin novembre 2026

À partir des avant-contrats, les notaires projettent à fin novembre 2026 une baisse annuelle de 0,5 % pour les appartements et de 0,4 % pour les maisons en France métropolitaine, avec une province proche de la stabilité. En Île-de-France, les appartements resteraient globalement stables, avec un léger tassement attendu à Paris, tandis que les maisons continueraient de reculer. Autrement dit, la fin d'année 2026 devrait confirmer un plateau légèrement baissier, sans chute brutale.

Combien de transactions immobilières en 2026 ?

Un volume encore élevé sur douze mois, mais une tendance qui se retourne

À fin août 2026, les notaires comptabilisent 951 000 ventes de logements anciens sur douze mois glissants, soit +3,6 % sur un an. Ce chiffre flatteur est trompeur : il intègre encore les mois très dynamiques de la fin 2025. La croissance annuelle, qui avoisinait 13 % fin 2025, ne cesse de ralentir depuis.

PériodeVentes de logements anciens (12 mois glissants)Source
Fin 2024environ 845 000Fnaim
Fin 2025environ 952 000Fnaim
Fin février 2026environ 958 000 (point haut)Fnaim
Fin mai 2026environ 941 000Fnaim
Fin août 2026951 000 (+3,6 % sur un an)Notaires de France
Prévision fin 2026900 000 à 920 000Fnaim / Notaires de France

Pourquoi les prévisions vont de 900 000 à 920 000

Les notaires estiment que, si le ralentissement se poursuit au même rythme, le nombre de transactions pourrait revenir autour de 920 000 en fin d'année. La Fnaim retient une fourchette de 900 000 à 920 000 ventes, soit un recul de l'ordre de 3 à 5,5 % par rapport aux 952 000 ventes de 2025, la borne basse correspondant à son hypothèse la plus pessimiste. Les deux sources ne se contredisent donc pas : elles décrivent la même trajectoire, avec une hypothèse plus ou moins prudente sur le dernier trimestre.

Il faut aussi noter que les chiffres de fin mai et de fin août ne sont pas strictement comparables entre eux : la Fnaim et les notaires n'utilisent pas exactement les mêmes bases (avant-contrats pour l'une, actes authentiques et données fiscales pour les autres). Un écart de 10 000 ventes entre deux sources reste dans la marge d'incertitude habituelle.

Paris ou régions : où les prix résistent-ils le mieux ?

Paris tient, la province fléchit

Paradoxalement, c'est le marché parisien, qui avait le plus corrigé entre 2020 et 2024, qui résiste le mieux aujourd'hui. Les notaires mesurent une hausse de 0,6 % sur un an pour les appartements parisiens, avec un prix de référence de 9 560 €/m². SeLoger-Meilleurs Agents donne un ordre de grandeur très proche : 9 670 €/m² au 1er septembre 2026, stable sur un an, mais encore 12 % sous le record de juillet 2020 et 10,5 % sous le niveau d'il y a cinq ans.

La province, à l'inverse, recule de 1 % sur un an. Les écarts entre villes sont toutefois considérables : les notaires citent par exemple Nantes, où le prix médian des appartements anciens recule de 3,1 % à 3 280 €/m², et Nice, où il progresse de 4,9 % à 4 980 €/m².

Marché (appartements anciens)Prix de référenceÉvolution sur 1 anSource
Paris9 560 €/m²+0,6 %Notaires (T2 2026)
Paris9 670 €/m²0 %SeLoger-Meilleurs Agents (1er sept. 2026)
Boulogne-Billancourt8 347 €/m²+1,5 %SeLoger-Meilleurs Agents
Saint-Denis3 699 €/m²-5,6 %SeLoger-Meilleurs Agents
Nantes3 280 €/m²-3,1 %Notaires
Nice4 980 €/m²+4,9 %Notaires
France (ancien, moyenne)2 994 €/m²-0,1 %Fnaim (juin 2026)

Ce que cela change pour un investisseur

Pour un investisseur, cette géographie des prix compte autant que la tendance nationale. Une ville où les prix reculent n'est pas forcément une mauvaise affaire si la demande locative y reste solide, et inversement. Le zonage A bis, A, B1, B2 et C, qui conditionne les plafonds de loyer de nombreux dispositifs, reste la meilleure grille de lecture : vous pouvez vérifier le classement d'une commune sur notre page zones Jeanbrun. À Paris, la stabilité des prix s'accompagne d'une tension locative extrême, que nous détaillons sur la page investir à Paris.

Quel taux de crédit immobilier fin 2026 ?

Une remontée lente mais continue

Selon la Banque de France, le taux moyen des nouveaux crédits à l'habitat (hors renégociations) s'établit à 3,32 % en août 2026, après 3,30 % en juillet, soit une hausse de 24 points de base depuis le début de l'année. La Fnaim relevait de son côté un taux moyen passé de 3,05 % en juin 2025 à 3,25 % en mai 2026. Sur 20 ans, les taux affichés à la rentrée tournaient autour de 3,65 % selon SeLoger, hors assurance.

Cette hausse reste modérée, et la production de crédits ne s'effondre pas : elle s'est stabilisée autour de 12 milliards d'euros par mois hors renégociations en 2026, avec 12,2 milliards en août en données corrigées des variations saisonnières. La durée moyenne des prêts atteint 254 mois, soit plus de 21 ans, et 95 % des nouveaux crédits sont à taux fixe.

Le seuil des 4 % comme ligne rouge

Les notaires identifient clairement le risque principal pour 2027 : un franchissement durable du seuil de 4 % pèserait fortement sur le pouvoir d'achat immobilier et pourrait provoquer une nouvelle baisse des volumes. À l'inverse, une stabilisation des taux autour de 3,3-3,5 % permettrait au marché de se maintenir sur un plateau. Pour mesurer l'impact concret des taux sur un projet locatif, consultez notre analyse Jeanbrun, crédit et taux.

Le marché du neuf est-il toujours en crise ?

Des ventes au plus bas

Le neuf reste le maillon le plus fragile. Selon la FPI, qui a présenté son bilan du deuxième trimestre le 9 septembre 2026, les réservations totales ont chuté de 23,6 % sur un an, à 19 356 logements. La baisse est tirée par les ventes en bloc aux bailleurs sociaux et institutionnels, en recul de plus de 40 %. Les ventes aux accédants reculent de 17,9 %.

Les données publiques du ministère (SDES), reprises par les notaires, mesurent un recul plus modéré des réservations au deuxième trimestre (-2,2 % sur un an, à 16 112 logements), avec des mises en vente en baisse de 6,5 % et un stock disponible en hausse de 1,4 %, à 124 027 logements. L'écart entre ces deux sources s'explique par leur périmètre : la FPI agrège notamment les ventes en bloc, très volatiles, alors que l'enquête publique se concentre sur la commercialisation de programmes de logements. Les deux convergent sur un point : les promoteurs vendent trop peu et trop lentement.

Le retour timide des investisseurs particuliers

Seule éclaircie : les ventes aux investisseurs particuliers progressent de 13,4 % au deuxième trimestre (3 427 logements), et de 19,4 % sur le premier semestre. Une partie de ce rebond est attribuée au nouveau statut du bailleur privé, c'est-à-dire au dispositif Jeanbrun, même si la FPI juge son démarrage très en deçà des objectifs et réclame des ajustements dans le budget 2027, notamment l'ouverture aux maisons individuelles et un relèvement du plafond de déficit foncier. Ces demandes ne sont, à ce stade, que des propositions de la profession.

Prix du neuf et délais d'écoulement

Les prix du neuf restent globalement stables, légèrement au-dessus de 5 000 €/m² en moyenne nationale selon les éléments relayés du bilan FPI, avec de fortes disparités régionales (l'Île-de-France affichait 5 754 €/m² en moyenne en 2025). Le chiffre le plus important pour un acheteur est ailleurs : le délai moyen d'écoulement de l'offre atteint 21,4 mois au niveau national, quand les promoteurs considèrent 10 à 12 mois comme satisfaisants. À Grenoble, il culmine à 50 mois. Un promoteur qui porte un stock aussi lourd a un intérêt financier direct à négocier.

Les loyers continuent-ils d'augmenter fin 2026 ?

L'IRL accélère légèrement

L'indice de référence des loyers (IRL), qui plafonne la révision annuelle des loyers en cours de bail, s'établit à 148,06 au troisième trimestre 2026, en hausse de 1,57 % sur un an selon l'Insee (après +1,15 % au trimestre précédent). Un bailleur dont le bail comporte une clause d'indexation peut donc augmenter son loyer de 1,57 % au maximum à la date anniversaire. Rappelons que les logements classés F ou G au DPE ne peuvent plus faire l'objet d'une révision de loyer, ce qui pèse sur la rentabilité des passoires thermiques.

Des loyers de marché toujours soutenus

Au-delà de l'indexation, les loyers de marché restent orientés à la hausse dans la plupart des grandes villes, portés par l'effondrement de la production neuve et par la difficulté des ménages à accéder à la propriété. À Paris, SeLoger-Meilleurs Agents mesure un loyer moyen de 33,27 €/m² pour un appartement au 1er septembre 2026, pour un rendement locatif brut moyen de 4,1 % sur un T2.

Ce décalage entre des prix à l'achat stables ou en léger recul et des loyers qui progressent est, mécaniquement, favorable au rendement locatif. C'est l'un des rares points de la conjoncture actuelle qui joue clairement en faveur des investisseurs.

Faut-il acheter maintenant pour investir dans l'immobilier ?

Les arguments en faveur d'un achat fin 2026

Plusieurs éléments plaident pour ne pas rester à l'écart du marché. Les prix ont cessé de monter et reculent légèrement en termes nominaux, davantage en termes réels. Les délais de vente s'allongent (70 jours en moyenne à Paris contre 68 un an plus tôt selon SeLoger), ce qui renforce le pouvoir de négociation de l'acheteur. Les loyers progressent, ce qui améliore les rendements. Enfin, dans le neuf, des stocks importants poussent les promoteurs à proposer remises, frais de notaire offerts ou prestations supplémentaires.

Les risques à intégrer

L'achat en période d'incertitude a aussi ses inconvénients. Si les taux devaient franchir durablement 4 %, les prix pourraient reculer davantage en 2027, et un acheteur trop pressé paierait le prix fort. Le calendrier politique (budget 2027 non encore adopté, présidentielle au printemps 2027) peut modifier certaines règles fiscales. Enfin, un recul national de 1 % masque des baisses locales beaucoup plus fortes sur certains segments, notamment les maisons énergivores en zone détendue.

Tenter de « faire le point bas » est rarement une bonne stratégie

L'expérience des cycles précédents montre qu'il est presque impossible d'identifier le point bas d'un marché immobilier en temps réel : on ne le reconnaît qu'a posteriori, avec un an ou deux de recul. Pour un investisseur locatif qui raisonne à 10 ou 15 ans, la question pertinente n'est pas « les prix vont-ils baisser de 1 % de plus ? » mais « ce bien, à ce prix, avec ce loyer et ce financement, produit-il une rentabilité acceptable ? ». Dans un marché hésitant, la vraie variable d'ajustement, c'est le prix d'achat que vous parvenez à négocier.

Et pour le dispositif Jeanbrun ?

Une fenêtre de tir jusqu'au 31 décembre 2028

Le dispositif Jeanbrun (statut du bailleur privé, issu de l'article 47 de la loi de finances pour 2026) s'applique aux acquisitions réalisées entre le 21 février 2026 et le 31 décembre 2028. Il permet d'amortir 80 % du prix d'acquisition à un taux de 3,5 %, 4,5 % ou 5,5 % par an dans le neuf selon que le loyer est intermédiaire, social ou très social, dans la limite de 8 000, 10 000 ou 12 000 € par an. Dans l'ancien, à condition de réaliser des travaux représentant au moins 30 % du prix, les taux sont de 3 %, 3,5 % ou 4 %. En contrepartie, le logement doit être loué nu pendant 9 ans sous plafonds de loyers (voir nos plafonds de loyer et de ressources).

Cette fenêtre de plus de deux ans est une chance dans le contexte actuel : rien n'oblige à se précipiter avant la fin 2026. Vous avez le temps de comparer les programmes, de visiter, de faire jouer la concurrence entre promoteurs et de négocier. À l'inverse, attendre 2028 pour lancer les recherches serait risqué : les délais de signature, de financement et, en VEFA, de livraison peuvent être longs, et les meilleurs emplacements partent les premiers.

Le marché actuel est un marché de négociation

Dans le neuf, un délai d'écoulement de 21 mois signifie que de nombreux promoteurs portent des lots invendus depuis longtemps, parfois achevés. C'est précisément sur ces lots que les marges de manœuvre sont les plus importantes. Dans l'ancien avec travaux, la baisse plus marquée des maisons et des logements énergivores ouvre des opportunités d'achat avec décote, à condition de bien chiffrer les travaux. Notre guide négocier un bien Jeanbrun détaille les leviers concrets : remise sur le prix, prise en charge des frais de notaire, parking offert, cuisine équipée.

Exemple chiffré : l'impact d'une négociation de 5 %

Prenons le cas de Claire, cadre célibataire, avec une tranche marginale d'imposition (TMI) de 30 %. Elle vise un T2 neuf de 45 m² dans une métropole régionale classée en zone B1, affiché à 220 000 €. Grâce au stock élevé du promoteur, elle obtient une remise de 5 %, soit un prix final de 209 000 €. Elle finance 190 000 € sur 25 ans à 3,6 % (hors assurance), ce qui représente une mensualité d'environ 960 € et des intérêts d'environ 6 700 € la première année. Elle loue au niveau intermédiaire, à 11 €/m², soit 495 € par mois ou 5 940 € par an.

Poste (1re année)Prix affiché (220 000 €)Prix négocié (209 000 €)
Base amortissable (80 % du prix)176 000 €167 200 €
Amortissement Jeanbrun (3,5 %)6 160 €5 852 €
Capital empruntéenviron 201 000 €190 000 €
Mensualité (25 ans, 3,6 %)environ 1 017 €environ 961 €
Économie de capital à rembourser—11 000 €
Côté fiscalité, avec le prix négocié, le calcul de la première année est le suivant. Les loyers (5 940 €) sont d'abord absorbés par les intérêts d'emprunt (environ 6 700 €) : il en résulte un déficit d'environ 760 € lié aux intérêts, qui n'est imputable que sur ses revenus fonciers des dix années suivantes. Les autres charges (taxe foncière, assurance, copropriété, environ 1 300 €) et l'amortissement (5 852 €) génèrent ensuite un déficit d'environ 7 150 €, imputable sur son revenu global dans la limite de 10 700 €. À une TMI de 30 %, cela représente une économie d'impôt sur le revenu d'environ 2 150 € la première année, et aucun impôt ni prélèvement social sur les loyers perçus.

On le voit : la négociation réduit légèrement l'amortissement (environ 300 € de moins par an), mais elle diminue surtout de 11 000 € le capital à rembourser et d'environ 56 € la mensualité. Sur 25 ans, l'économie totale (capital et intérêts) dépasse 16 000 €. Un bon prix d'achat reste donc le premier levier de rentabilité, bien avant l'avantage fiscal. Pour tester votre propre situation, utilisez notre simulateur Jeanbrun.

Neuf ou ancien avec travaux dans ce marché ?

Le contexte actuel favorise les deux options, mais pour des raisons différentes. Le neuf offre aujourd'hui la marge de négociation la plus importante et le taux d'amortissement le plus élevé, sans souci de DPE. L'ancien avec travaux permet d'acheter sous le prix du marché des biens délaissés par les primo-accédants, au prix d'un chantier à piloter et d'un seuil de 30 % de travaux à respecter. Notre comparatif ancien ou neuf vous aide à trancher selon votre profil.

Comment profiter du marché immobilier fin 2026 : la méthode

Voici une démarche en cinq étapes pour transformer la conjoncture actuelle en avantage, sans céder ni à la précipitation ni à la paralysie.

  • Étape 1 : faites valider votre capacité d'emprunt maintenant. Les taux remontent lentement ; un accord de principe obtenu à 3,3-3,5 % vous met en position de force face aux vendeurs.
  • Étape 2 : ciblez les biens qui mettent du temps à se vendre. Lots invendus de programmes neufs, logements en vente depuis plus de trois mois, maisons à rénover en zone B1 ou B2.
  • Étape 3 : vérifiez la cohérence entre loyer plafonné et loyer de marché. Un bon investissement Jeanbrun est un bien dont le loyer intermédiaire reste proche du loyer de marché local.
  • Étape 4 : négociez sur l'ensemble du package. Prix, frais de notaire, parking, cave, mobilier de cuisine, garantie locative ou frais de gestion offerts.
  • Étape 5 : simulez sur 9 ans et au-delà. Intégrez l'effort d'épargne mensuel, la fiscalité à la revente et un scénario de prix stable plutôt que haussier.
Enfin, gardez en tête que le budget 2027, en cours d'examen au Parlement à la date de rédaction de cet article, pourrait modifier certains paramètres de l'investissement locatif (la FPI demande par exemple des ajustements du dispositif Jeanbrun). Nous suivons ces évolutions et mettrons nos guides à jour dès l'adoption définitive du texte, dans la continuité de notre article sur les décrets d'application du dispositif Jeanbrun.

Les informations de cet article sont fournies à titre indicatif, à partir des données publiques disponibles au 26 octobre 2026. Elles ne constituent pas un conseil fiscal, juridique ou financier personnalisé. Avant tout investissement, faites valider votre projet par un professionnel (notaire, conseiller en gestion de patrimoine, expert-comptable).

Questions fréquentes

Les prix de l'immobilier vont-ils baisser en 2027 ?

Personne ne peut l'affirmer avec certitude. Les projections des notaires à fin novembre 2026 indiquent un léger recul annuel, de l'ordre de -0,4 à -0,5 %, sans effondrement. L'évolution en 2027 dépendra surtout des taux de crédit : une stabilisation autour de 3,3-3,5 % maintiendrait un marché sur un plateau, tandis qu'un passage durable au-dessus de 4 % pourrait entraîner une nouvelle baisse des volumes et des prix.

Combien de ventes immobilières en France en 2026 ?

Les notaires comptent 951 000 ventes de logements anciens sur douze mois à fin août 2026. Mais la tendance ralentit, et les prévisions pour l'ensemble de l'année 2026 se situent entre 900 000 et 920 000 transactions selon la Fnaim et les notaires, soit un recul d'environ 3 à 5,5 % par rapport aux quelque 952 000 ventes de 2025.

Est-ce le bon moment pour acheter un bien immobilier pour investir ?

Le contexte de fin 2026 est plutôt favorable aux acheteurs préparés : prix stables ou en léger recul, délais de vente plus longs, stocks élevés dans le neuf et loyers en hausse. Plutôt que de chercher le point bas, concentrez-vous sur la négociation et sur la rentabilité du bien à son prix réel. Un financement validé en amont reste votre meilleur atout.

Quel est le taux moyen d'un crédit immobilier fin 2026 ?

Selon la Banque de France, le taux moyen des nouveaux crédits à l'habitat atteint 3,32 % en août 2026, contre 3,30 % en juillet, soit 24 points de base de plus qu'en janvier. Les barèmes affichés sur 20 ans tournaient autour de 3,65 % à la rentrée, hors assurance. Votre taux dépendra de votre profil, de votre apport et de la durée choisie.

Les prix baissent-ils à Paris en 2026 ?

Non, Paris fait plutôt figure d'exception. Les notaires mesurent une hausse de 0,6 % sur un an au deuxième trimestre 2026 pour les appartements parisiens, et SeLoger-Meilleurs Agents une stabilité à 9 670 €/m² au 1er septembre 2026. Les prix parisiens restent cependant environ 12 % sous leur record de juillet 2020, et un léger tassement est attendu en fin d'année.

Jusqu'à quand peut-on investir avec le dispositif Jeanbrun ?

Le dispositif Jeanbrun concerne les acquisitions réalisées entre le 21 février 2026 et le 31 décembre 2028. Il n'y a donc pas d'urgence à acheter avant fin 2026, mais il est conseillé de ne pas attendre la dernière année : les délais de recherche, de financement et de signature peuvent être longs, surtout dans le neuf.

Sources

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