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Taux immobilier octobre 2026 : la hausse et l'impact sur le Jeanbrun

Taux immobilier octobre 2026 : 3,4 % à 3,7 % sur 20 ans selon les baromètres. Effet de la hausse sur votre capacité d'emprunt et votre rentabilité Jeanbrun.

JBPar Équipe Guide Jeanbrun28 octobre 2026

Le taux immobilier d'octobre 2026 confirme ce que les emprunteurs pressentaient depuis l'été : la hausse des taux de crédit immobilier est bien installée. Selon les baromètres, un prêt sur 20 ans se négocie désormais entre 3,4 % et 3,7 % hors assurance, contre environ 3,2 % au printemps. Les causes sont connues : un rendement de l'OAT à 10 ans qui a franchi la barre des 4 % mi-août puis s'est approché de 5 % début octobre, deux hausses de taux de la Banque centrale européenne (BCE) en juin et en septembre, et une inflation de la zone euro qui reste supérieure à 3 %.

Pour un investisseur, la question n'est pas seulement « combien vais-je payer de plus ? », mais aussi « mon opération reste-t-elle rentable ? ». Dans un investissement locatif en location nue, et en particulier avec le dispositif Jeanbrun (statut du bailleur privé), les intérêts d'emprunt sont déductibles des revenus fonciers. Une partie du surcoût est donc absorbée par la fiscalité. Une partie seulement : nous allons voir laquelle, chiffres à l'appui.

Dans cet article, vous trouverez les taux d'octobre 2026 relevés par six sources (avec la date de chaque chiffre), l'explication de la remontée, l'enjeu de la réunion de la BCE du 29 octobre, l'effet sur votre capacité d'emprunt avec la norme HCSF de 35 %, un tableau des mensualités et du coût total à 3 %, 3,5 % et 4 %, et un cas concret d'investisseur Jeanbrun. Nous terminons par des conseils pratiques pour emprunter dans ce contexte.

L'essentiel en 30 secondes
  • Les baromètres d'octobre 2026 situent le taux sur 20 ans entre 3,45 % et 3,73 % selon les courtiers. Le taux moyen réellement signé en septembre était de 3,40 % (Crédit Logement/CSA).
  • La hausse vient du coût de l'argent pour l'État (OAT 10 ans proche de 4,8-4,9 % début octobre) et de la BCE, dont le taux de dépôt est à 2,50 % depuis le 16 septembre 2026. Sa décision du 29 octobre est attendue.
  • Sur 240 000 € empruntés sur 20 ans, passer de 3 % à 4 % coûte 123 € de plus par mois et près de 30 000 € d'intérêts supplémentaires.
  • Avec le Jeanbrun, les intérêts sont déductibles : à TMI 30 %, l'État prend en charge environ 30 % du surcoût, pas davantage.
  • Le taux d'usure (5,40 % au-delà de 20 ans) et la règle HCSF des 35 % d'endettement sont les deux verrous à surveiller.

Quel est le taux immobilier en octobre 2026 ?

Les chiffres des principaux baromètres

Il n'existe pas un taux immobilier, mais plusieurs mesures qui ne disent pas exactement la même chose. Les courtiers publient des taux « affichés » ou « négociés » pour le mois en cours. L'Observatoire Crédit Logement/CSA et la Banque de France mesurent les crédits déjà accordés, avec un décalage d'un à deux mois. Voici ce que donnent les principales sources pour un prêt sur 20 ans.

SourceIndicateurTaux sur 20 ansDate du chiffre
MeilleurtauxMoyenne après négociation3,50 % à 3,55 %Baromètre mis à jour le 26/10/2026
MeilleurtauxMeilleur profil (« excellent »)3,55 %26/10/2026
Pretto (via Selectra)Taux moyen attendu en octobre3,66 %Publié le 07/10/2026
EmpruntisTaux marché3,73 %Analyse du 12/10/2026
CAFPITaux moyen négocié3,51 %Données de septembre, publiées le 01/10/2026
Crédit Logement/CSATaux moyen des prêts accordés3,39 %Septembre 2026, publié le 15/10/2026
Banque de FranceTaux moyen des crédits habitat (toutes durées)3,32 %Août 2026, publié le 06/10/2026

Pourquoi les chiffres divergent-ils ?

L'écart entre 3,32 % et 3,73 % ne signifie pas que l'une des sources se trompe. Trois raisons l'expliquent. D'abord, le décalage dans le temps : la Banque de France publie en octobre les crédits signés en août, avant l'essentiel de la hausse. Ensuite, la nature du taux : un taux « marché » ou « barème » est celui que la banque affiche avant négociation, alors qu'un taux « négocié » ou « moyen accordé » reflète ce que les emprunteurs ont obtenu. Meilleurtaux indique ainsi que les barèmes standards des banques partenaires atteignaient en moyenne 3,86 % fin octobre, contre 3,69 % début septembre, alors que la moyenne négociée sur 20 ans tourne autour de 3,50 %. Enfin, la composition des échantillons varie : la Banque de France intègre toutes les durées (y compris les prêts courts, moins chers), et les courtiers ne voient que leurs propres dossiers.

Retenez une fourchette : en octobre 2026, un dossier « standard » obtient entre 3,45 % et 3,70 % sur 20 ans, un très bon dossier peut descendre vers 3,2 % à 3,3 % (CAFPI relevait 3,20 % sur 20 ans pour les meilleurs profils en septembre), et un dossier fragile dépasse 3,8 %.

Les taux par durée

DuréeFourchette des courtiers au 1er octobre 2026Meilleurtaux, moyenne négociée au 26/10/2026
15 ans3,35 % à 3,58 %environ 3,40 %
20 ans3,45 % à 3,68 %3,50 % à 3,55 %
25 ans3,60 % à 3,75 %3,60 % à 3,65 %
Fourchette au 1er octobre : relevé de cinq courtiers (Meilleurtaux, Pretto, Empruntis, ACE, Cyberpret) compilé par immobilier-danger.com. Taux nominaux hors assurance.

Pourquoi les taux de crédit immobilier remontent-ils à l'automne 2026 ?

L'OAT 10 ans, thermomètre du coût de l'argent

Les banques françaises se refinancent en partie sur les marchés, à des conditions proches du rendement des obligations de l'État français à 10 ans (OAT). Quand l'OAT monte durablement, le coût de la ressource augmente et les barèmes suivent avec quelques semaines de retard. Or la hausse a été rapide : environ 3,5 % en moyenne en janvier 2026, 4,00 % en moyenne en août (la moyenne mensuelle la plus élevée depuis 2008), 4,44 % en moyenne en septembre, puis 4,72 % à 4,90 % selon les jours entre le 1er et le 9 octobre d'après le TEC 10 publié par l'Agence France Trésor et relevé par Selectra. Certains médias ont fait état d'un passage ponctuel au-dessus de 5 % autour du 21 octobre : nous n'avons pas pu recouper ce chiffre sur une source officielle à la date de rédaction.

Plusieurs facteurs alimentent cette tension : les incertitudes budgétaires autour du projet de loi de finances pour 2027 (voir notre analyse PLF 2027 immobilier : ce qui change), un déficit public prévu au-dessus de 5 % du PIB, l'écart de taux avec l'Allemagne qui s'est creusé (environ 80 points de base fin août, plus de 100 fin septembre) et la flambée des prix de l'énergie liée aux tensions au Moyen-Orient.

La BCE a relevé ses taux deux fois en 2026

Après une longue phase de baisse en 2024-2025, la BCE a changé de cap. Elle a relevé ses taux directeurs le 11 juin 2026, marqué une pause le 23 juillet, puis les a de nouveau augmentés de 0,25 point le 10 septembre (effet au 16 septembre). Le taux de la facilité de dépôt est ainsi passé à 2,50 %, le taux de refinancement à 2,65 % et le taux du prêt marginal à 2,90 %. La BCE justifie ces hausses par une inflation de la zone euro remontée à 3,2 % en août, et ses projections tablent sur 3,0 % en moyenne en 2026 puis 2,5 % en 2027.

Que peut changer la décision de la BCE du 29 octobre 2026 ?

Le Conseil des gouverneurs se réunit les 28 et 29 octobre 2026 ; la décision sera annoncée le 29 octobre à 14 h 15. À la date de publication de cet article, elle n'est pas connue. Trois scénarios sont envisageables :

  • Statu quo : c'est l'hypothèse évoquée par plusieurs économistes avant la hausse de septembre (une pause après deux hausses). Les taux de crédit continueraient alors de suivre surtout l'OAT, donc de monter modérément.
  • Nouvelle hausse de 0,25 point : elle confirmerait la priorité donnée à l'inflation et accentuerait la pression sur les barèmes de novembre et décembre.
  • Signal d'assouplissement : peu probable à court terme vu l'inflation, il calmerait les marchés obligataires.
Dans tous les cas, gardez en tête que les taux directeurs n'agissent qu'indirectement sur les crédits à taux fixe de 20 ou 25 ans. Le facteur principal reste l'OAT 10 ans. Nous mettrons cet article à jour après l'annonce.

Le taux d'usure, un verrou qui se resserre

Le taux d'usure est le taux annuel effectif global (TAEG) maximal qu'une banque peut pratiquer. Il est fixé chaque trimestre par la Banque de France à partir des taux moyens du trimestre précédent, majorés d'un tiers. Au 1er octobre 2026 (publication au Journal officiel du 26 septembre), il s'établit ainsi :

Catégorie de prêt immobilier3e trimestre 20264e trimestre 2026
Taux fixe, moins de 10 ans4,07 %4,09 %
Taux fixe, 10 à moins de 20 ans4,57 %4,68 %
Taux fixe, 20 ans et plus5,29 %5,40 %
Taux variable5,28 %5,52 %
Prêt relais6,39 %6,49 %
Avec un taux nominal de 3,7 % sur 25 ans, l'assurance emprunteur, les frais de dossier et de garantie, le TAEG d'un emprunteur de plus de 50 ans ou présentant un risque de santé peut se rapprocher de 5,40 %. Meilleurtaux signale que ce plafond pourrait bloquer certains dossiers d'ici la fin de l'année. La délégation d'assurance est alors votre meilleur levier.

Combien coûte la hausse des taux sur un crédit immobilier ?

Mensualités et coût total à 3 %, 3,5 % et 4 %

Voici l'impact d'un écart d'un point de taux sur deux montants courants, hors assurance emprunteur. Les calculs reposent sur un amortissement classique à mensualités constantes.

Montant et duréeTauxMensualitéCoût total des intérêts
200 000 € sur 20 ans3 %1 109 €66 207 €
200 000 € sur 20 ans3,5 %1 160 €78 381 €
200 000 € sur 20 ans4 %1 212 €90 871 €
200 000 € sur 25 ans3 %948 €84 527 €
200 000 € sur 25 ans3,5 %1 001 €100 374 €
200 000 € sur 25 ans4 %1 056 €116 702 €
250 000 € sur 20 ans3 %1 386 €82 759 €
250 000 € sur 20 ans3,5 %1 450 €97 976 €
250 000 € sur 20 ans4 %1 515 €113 588 €
Sur 250 000 € empruntés sur 20 ans, chaque demi-point de taux représente environ 64 € par mois et 15 000 € d'intérêts. C'est cohérent avec l'estimation de Pretto, qui chiffre à environ 65 € par mois l'écart entre 3,44 % et 3,94 % sur ce même montant.

Combien de capacité d'emprunt perdez-vous ?

La hausse des taux réduit mécaniquement ce que vous pouvez emprunter pour une mensualité donnée. Selon Selectra, avec 1 500 € par mois sur 20 ans, la capacité d'emprunt est passée de 260 019 € au taux moyen d'août à 255 009 € au taux attendu en octobre (3,66 %), soit environ 5 000 € de moins en deux mois.

Prenons un ménage qui gagne 4 830 € nets par mois. Avec la norme de 35 % d'endettement, il peut consacrer environ 1 690 € par mois à son crédit, assurance comprise : retenons 1 690 € hors assurance pour simplifier. Sa capacité d'emprunt varie ainsi :

TauxCapacité sur 20 ansCapacité sur 25 ans
3 %304 725 €356 381 €
3,5 %291 400 €337 579 €
4 %278 887 €320 175 €
Entre 3 % et 4 %, le ménage perd près de 26 000 € de capacité sur 20 ans et 36 000 € sur 25 ans. Pour un investisseur qui cible un bien précis, cela peut faire la différence entre un T2 et un studio, ou imposer un apport plus élevé.

La règle HCSF des 35 % peut-elle bloquer votre projet locatif ?

Ce que dit la norme

Depuis le 1er janvier 2022, la recommandation du Haut Conseil de stabilité financière (HCSF), devenue juridiquement contraignante, impose aux banques deux limites : un taux d'effort maximal de 35 % des revenus nets, assurance comprise, et une durée maximale de 25 ans (27 ans en cas d'achat dans le neuf ou de travaux importants avec différé). Chaque banque peut déroger à ces règles pour 20 % de sa production trimestrielle, dont une large part est réservée à la résidence principale. Réuni en mars 2026, le HCSF a confirmé ce cadre et écarté les demandes d'assouplissement ; il n'a pas été modifié depuis.

Pourquoi l'investissement locatif est plus exposé

Avec la hausse des taux, les mensualités augmentent et le taux d'effort grimpe pour un même montant emprunté. Or les dérogations sont prioritairement accordées aux primo-accédants qui achètent leur résidence principale. Un investisseur qui détient déjà un crédit pour sa résidence principale se heurte plus vite au plafond de 35 %. Les loyers futurs sont pris en compte, mais généralement à hauteur de 70 % seulement, et selon des méthodes de calcul qui varient d'une banque à l'autre (taux d'effort « classique » ou calcul en différentiel). Pour préparer votre dossier, consultez notre page questions à poser à son banquier et conditions de financement.

Et pour le dispositif Jeanbrun : la hausse des taux tue-t-elle la rentabilité ?

Les intérêts d'emprunt sont déductibles des revenus fonciers

Le dispositif Jeanbrun (statut du bailleur privé, créé par l'article 47 de la loi de finances pour 2026) fonctionne en location nue, au régime réel des revenus fonciers. Les intérêts d'emprunt, l'assurance emprunteur et les frais de dossier sont des charges déductibles, au même titre que la taxe foncière, les charges de copropriété non récupérables ou l'assurance propriétaire non occupant. S'y ajoute l'amortissement Jeanbrun : dans le neuf, 3,5 %, 4,5 % ou 5,5 % par an selon que vous louez à un niveau intermédiaire, social ou très social, calculé sur 80 % du prix d'acquisition et plafonné à 8 000 €, 10 000 € ou 12 000 € par an. Tous les détails sont dans notre guide de la fiscalité complète du Jeanbrun.

Conséquence directe : quand le taux monte, vos intérêts augmentent, donc votre résultat foncier baisse, donc votre impôt aussi. La fiscalité amortit une partie du choc. Mais il ne faut pas se tromper sur l'ordre de grandeur : à une tranche marginale d'imposition (TMI) de 30 %, chaque euro d'intérêt supplémentaire ne vous fait économiser que 30 centimes d'impôt (davantage si vos revenus fonciers sont positifs, car vous économisez aussi les prélèvements sociaux de 17,2 %).

Le déficit foncier : attention à la règle des intérêts

Lorsque vos charges et l'amortissement dépassent vos loyers, vous dégagez un déficit foncier. Il est imputable sur votre revenu global dans la limite de 10 700 € par an (21 400 € pour les dépenses de rénovation énergétique engagées en 2026 et 2027, sous conditions). Mais une règle est souvent oubliée : la part du déficit qui provient des intérêts d'emprunt ne peut pas s'imputer sur le revenu global. Les intérêts s'imputent d'abord sur les loyers ; s'ils les dépassent, l'excédent est seulement reportable sur vos revenus fonciers des dix années suivantes. Avec des taux à 4 % et un fort endettement, les intérêts de la première année peuvent dépasser les loyers : une partie de l'avantage est alors différée. Notre article sur le déficit foncier détaille le mécanisme.

L'effet de levier reste positif, mais il se réduit

L'effet de levier du crédit fonctionne tant que le rendement global de l'opération (loyer, avantage fiscal et valorisation) dépasse le coût net de l'emprunt. Avec un taux à 3,5 % et une économie d'impôt de 30 % sur les intérêts, le coût net du crédit avoisine 2,45 %. À 4 %, il passe à environ 2,8 %. Un investissement Jeanbrun dont le rendement brut tourne autour de 3,5 % à 4 % reste donc dans une zone où le levier joue encore, mais la marge se resserre nettement par rapport aux années 2020-2021. Le rendement fiscal (amortissement) devient alors une composante essentielle de la rentabilité, ce qui justifie de bien choisir son niveau de loyer et sa ville. Notre page Jeanbrun et taux de crédit approfondit ce point.

Exemple chiffré : un investisseur Jeanbrun face à des taux de 3 %, 3,5 % ou 4 %

Le profil

Claire, 42 ans, cadre, est imposée dans la tranche marginale de 30 %. Elle achète en octobre 2026 un T2 neuf de 45 m² dans une métropole classée en zone A, au prix de 250 000 €. Elle apporte 16 250 € (frais de notaire réduits du neuf et frais de garantie) et emprunte 240 000 € sur 20 ans. Elle loue au niveau intermédiaire pour 700 € par mois hors charges, soit 8 400 € par an, un niveau compatible avec le plafond de loyer intermédiaire de la zone A pour cette surface (vérifiez le vôtre avec notre outil de calcul du loyer plafond).

Ses charges annuelles hors intérêts : taxe foncière 900 €, charges de copropriété non récupérables 600 €, assurance propriétaire non occupant 200 €, assurance emprunteur 720 €, soit 2 420 €. Son amortissement Jeanbrun : 250 000 € × 80 % × 3,5 % = 7 000 € par an (sous le plafond de 8 000 €).

Les résultats de la première année

Poste (année 1)Taux 3 %Taux 3,5 %Taux 4 %
Mensualité hors assurance1 331 €1 392 €1 454 €
Intérêts payés la 1re année7 078 €8 266 €9 454 €
Loyers encaissés8 400 €8 400 €8 400 €
Déficit imputable sur le revenu global8 098 €9 286 €9 420 €
Déficit reporté (part liée aux intérêts)0 €0 €1 054 €
Économie d'impôt immédiate (TMI 30 %)2 429 €2 786 €2 826 €
Effort d'épargne mensuel avant impôt833 €894 €956 €
Effort d'épargne mensuel après impôt631 €662 €720 €
Coût total des intérêts sur 20 ans79 448 €94 057 €109 045 €
L'effort avant impôt = mensualité + assurance emprunteur (60 €) + charges (142 €) − loyer (700 €). Hypothèses simplifiées : pas de vacance locative, pas de revalorisation du loyer, frais de garantie non déduits.

Ce qu'il faut en retenir

Passer de 3 % à 4 % augmente les intérêts de la première année de 2 376 €. L'économie d'impôt, elle, n'augmente que de 397 €, car à 4 % les intérêts dépassent les loyers et 1 054 € de déficit sont seulement reportés (ils serviront plus tard, quand les loyers auront augmenté et les intérêts diminué). Résultat : l'effort d'épargne de Claire progresse d'environ 89 € par mois. Sur la durée du prêt, le surcoût brut atteint près de 30 000 €, dont environ 30 % seront récupérés fiscalement au fil des ans.

En clair, la hausse des taux ne rend pas un investissement Jeanbrun inintéressant, mais elle augmente l'effort d'épargne et allonge le délai avant que l'opération devienne autofinancée. Pour refaire ce calcul avec vos propres chiffres, utilisez notre simulateur Jeanbrun.

Faut-il attendre une baisse des taux pour investir ?

Les prévisions pour la fin 2026

Les courtiers anticipent une poursuite de la hausse jusqu'à la fin de l'année. CAFPI prévoit des taux moyens entre 3,70 % et 4 % d'ici fin 2026 ; Meilleurtaux évoque des taux qui « se rapprochent de 4 % » et une évolution haussière au moins jusqu'à décembre. Ces prévisions dépendent de l'OAT, de la BCE, du vote du budget 2027 et de l'évolution des prix de l'énergie : elles peuvent se révéler fausses dans un sens comme dans l'autre.

Le calendrier du Jeanbrun compte aussi

Le dispositif Jeanbrun concerne les acquisitions réalisées entre le 21 février 2026 et le 31 décembre 2028. Attendre une hypothétique baisse des taux revient à réduire la fenêtre restante, à un moment où les programmes neufs éligibles de qualité dans les meilleures villes partent rapidement. Par ailleurs, un crédit immobilier peut être renégocié ou racheté si les taux baissent nettement plus tard (en pratique, à partir d'un écart de 0,7 à 1 point et d'un capital restant dû significatif), alors qu'un prix d'achat ne se renégocie pas après la signature.

Les cas où il vaut mieux patienter

Patienter peut se justifier si votre taux d'effort frôle déjà 35 %, si votre épargne de précaution serait entamée par l'apport, ou si l'effort d'épargne mensuel calculé dépasse ce que vous pouvez supporter durablement (prévoyez une marge pour la vacance locative et les travaux). Dans ces situations, mieux vaut ajuster le projet (bien moins cher, ville moins tendue, durée plus longue) que forcer un financement. Recalculez votre effort d'épargne avec les taux du jour avant toute offre d'achat : un budget établi en juin avec un taux à 3,2 % n'est plus valable en octobre, et la condition suspensive de prêt de votre contrat doit mentionner un taux maximal réaliste (par exemple 3,9 % ou 4 % sur 20 ans).

Comment obtenir le meilleur taux pour un investissement locatif en 2026 ?

Soignez votre profil emprunteur

Les écarts entre profils sont importants : Pretto observe un taux moyen allant de 3,40 % pour les revenus les plus élevés à 3,80 % pour les plus modestes. Les banques regardent la stabilité de vos revenus, votre épargne résiduelle après l'opération, la tenue de vos comptes (pas de découvert, pas de crédits à la consommation superflus) et votre « reste à vivre ».

Jouez sur l'apport et la durée

Un apport couvrant au moins les frais de notaire et de garantie reste attendu par la plupart des banques. Pour un investisseur, il peut être pertinent de ne pas apporter davantage : les intérêts sont déductibles et l'épargne conservée sert de coussin de sécurité. La durée est un arbitrage : 25 ans réduit la mensualité et le taux d'effort, mais coûte 0,1 à 0,15 point de taux de plus et beaucoup plus d'intérêts.

Ne négligez pas l'assurance emprunteur

Depuis la loi Lemoine, vous pouvez changer d'assurance emprunteur à tout moment et sans frais. Pour un emprunteur jeune et en bonne santé, une délégation d'assurance peut diviser le coût par deux ou trois par rapport au contrat groupe de la banque, et faire baisser le TAEG sous le taux d'usure.

Comparez sur le TAEG, pas sur le taux nominal

Le TAEG intègre l'assurance, les frais de dossier et de garantie. C'est le seul indicateur qui permet de comparer des offres. Faites jouer la concurrence entre au moins trois établissements, ou passez par un courtier, et présentez un dossier complet dès le premier rendez-vous : simulation Jeanbrun, plafonds de loyer, estimation locative et DPE du programme.

Les informations de cet article sont fournies à titre indicatif et reflètent les données disponibles au 28 octobre 2026. Elles ne constituent pas un conseil fiscal, financier ou juridique personnalisé. Les taux évoluent chaque semaine : faites valider votre projet par un courtier, un conseiller en gestion de patrimoine ou un expert-comptable.

Questions fréquentes

Quel est le taux immobilier sur 20 ans en octobre 2026 ?

Selon les baromètres de courtiers, le taux sur 20 ans se situe en octobre 2026 entre 3,45 % et 3,73 % hors assurance. Meilleurtaux indique une moyenne négociée de 3,50 % à 3,55 % au 26 octobre, Pretto attendait 3,66 % et Empruntis affichait un taux marché de 3,73 % le 12 octobre. Le taux moyen réellement accordé en septembre était de 3,39 % sur 20 ans selon Crédit Logement/CSA.

Pourquoi les taux de crédit immobilier augmentent-ils en 2026 ?

Les taux remontent surtout parce que l'État français emprunte plus cher : l'OAT à 10 ans est passée d'environ 3,5 % en janvier à près de 4,9 % début octobre 2026. La BCE a aussi relevé ses taux en juin et en septembre pour lutter contre une inflation supérieure à 3 %, alimentée par les prix de l'énergie. Les incertitudes sur le budget 2027 accentuent la pression.

Les taux immobiliers vont-ils baisser d'ici fin 2026 ?

La plupart des courtiers ne l'anticipent pas. CAFPI prévoit des taux moyens entre 3,70 % et 4 % d'ici la fin de l'année et Meilleurtaux s'attend à une poursuite de la hausse. Tout dépendra de l'évolution de l'OAT à 10 ans, de la décision de la BCE du 29 octobre et des suivantes, ainsi que du vote du budget 2027.

Les intérêts d'emprunt sont-ils déductibles avec le dispositif Jeanbrun ?

Oui. Le Jeanbrun s'applique en location nue au régime réel : les intérêts d'emprunt, l'assurance emprunteur et les frais de dossier sont déductibles des revenus fonciers, en plus de l'amortissement. En revanche, la part du déficit foncier qui provient des intérêts ne s'impute pas sur le revenu global : elle se reporte sur les revenus fonciers des dix années suivantes.

Quel est le taux d'usure au 4e trimestre 2026 ?

Depuis le 1er octobre 2026, le taux d'usure s'élève à 5,40 % pour les prêts immobiliers à taux fixe de 20 ans et plus, 4,68 % de 10 à moins de 20 ans et 4,09 % pour moins de 10 ans. Il s'applique au TAEG, qui inclut l'assurance et les frais. Il sera révisé au 1er janvier 2027.

Combien coûte un point de taux sur un crédit de 200 000 € ?

Sur 200 000 € empruntés sur 20 ans, hors assurance, la mensualité passe de 1 109 € à 3 % à 1 212 € à 4 %, soit 103 € de plus par mois. Le coût total des intérêts grimpe de 66 207 € à 90 871 €, soit environ 24 700 € supplémentaires sur la durée du prêt.

Faut-il investir en Jeanbrun malgré la hausse des taux ?

Cela dépend de votre effort d'épargne et de votre horizon. La hausse réduit la rentabilité, mais la déductibilité des intérêts et l'amortissement en compensent une partie. Le dispositif concerne les achats réalisés jusqu'au 31 décembre 2028, et un crédit peut être renégocié plus tard si les taux baissent. Simulez votre projet avec les taux actuels avant de vous engager.

Sources

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